POLLUTIONS ACCIDENTELLES

 

Les pollutions dites accidentelles sont liées à des cas de force majeure. Il peut s'agir entre autre de naufrages ou d'accidents industriels, faisant suite à des défaillances humaines, technologiques, mécaniques ou venant en conséquence d'événements climatiques ou sismiques exceptionnels.

 

 Pollutions par les hydrocarbures

Les hydrocarbures répandus en mer sont une menace majeure pour les organismes vivants, les ressources et les économies côtières.

Les dommages causés vont dépendre entre autre de la quantité et du type d'hydrocarbures, du lieu et de la période ou les hydrocarbures sont répandus.

 

- Marées noires

 

Ces événements surviennent suite à des naufrages de pétroliers ou lors d'accidents sur des plateformes offshore. Les effets des marées noires varient considérablement en fonction des zones géographiques touchées et d'éléments naturels, tels que les vents, les marées et les courants.

 

- Hydrocarbures en haute mer

 

La présence d'hydrocarbures en mer constitue une menace directe pour les oiseaux et les mammifères marins. En enduisant et en colmatant leur revêtement extérieur complexe, les hydrocarbures de surface provoquent la mort par noyade, par hypothermie et par ingurgitation de milliers d'oiseaux. Leurs progénitures abandonnées par voie de conséquence, subiront de fait le même sort.

En fonction de la nature de l'événement et de l'importance de la pollution qui en découle, l'objectif va être de mettre en oeuvre dans un délai le plus court possible, l'ensemble des moyens disponibles permettant de confiner le polluant avant que celui n'atteigne les zones côtières et le littoral. Support aérien, navires, barrages flottants, écrémeurs, absorbants et en situation extrême l'utilisation massive de dispersants ( Accident de la plateforme Deepwater, Golfe du Mexique ). Lors de ces opérations de traitement chimique, les fractions dissolvantes et dispersantes peuvent elles mêmes exercer une contrainte toxique sur les organismes de sub-surface et provoquer leur disparition.

Dans certains cas particuliers, tels que les hauts fonds à forte charge sédimentaire, les hydrocarbures en fonction de leur composition physico-chimique couleront au fond de la mer. Ce phénomène va constituer une source de pollution permanente et aléatoire sur plusieurs décennies et représenter une menace pour les organismes benthiques, à court et à long terme.

 

- Hydrocarbures sur le littoral

 

L'arrivée des hydrocarbures, sous la pression des vents et des courants dans les eaux côtières et sur les façades littorales, correspond à la phase la plus critique d'une marée noire.

Cette menace représente toujours un enjeu de grande importance pour les collectivités concernées et nécessite la mobilisation de moyens humains et logistiques nationaux. En effet, dans n'importe quel point d'un littoral et ce quelque soit le pays concerné, des ressources écologiques et économiques sont susceptibles d'êtres endommagées par les hydrocarbures. Il peut s'agir entre autre de réserves naturelles, de zones à haute densité d'agrément, de pêcheries, d' installations industrielles, de parcs aquacoles et de ports de plaisance.

A la différence des missions de dépollution en haute mer, le nettoyage d'un littoral est une entreprise complexe. Qu'il s'agisse de littoraux rocheux ou de mangroves, cette phase nécessite la coordination d'opérations délicates, longues et coûteuses et peut parfois provoquer,  lorsque l'utilisation de produits chimiques s'avère indispensable, des dégâts à très court terme, plus importants que les hydrocarbures eux mêmes.

 

 

 Pollutions par Radioactivité

 

Les centrales nucléaire au même titre que d'autres industries stratégiques, nécessitent leur implantation à proximité immédiate de sources d'eau, indispensables à l'alimentation permanente de leur puissants systèmes de refroidissement par pompage.

Ce choix géographique représente une menace ( auparavant potentielle) aujourd'hui avérée pour l'environnement marin.

L'accident nucléaire de Fukushima faisant suite au séisme, puis au tsunami du 11 mars 2011 ayant touché la côte est du Japon, est considéré comme le premier événement de pollution radioactive marine de grande envergure. Classé au niveau 7, soit le plus élevé de l'échelle internationale des événements nucléaires, cet accident place Fukushima au même degré de gravité que la catastrophe de Tchernobyl de 1986.

Les conséquences écologiques et économiques de cet événement sont considérables et persistantes.

Selon une étude réalisée par le chimiste américain Ken Buesseler de l'institut océanographique de Woods Hole ( Massachusetts ), une source de radioactivité  persistante provenant soit d'une fuite du réacteur de la centrale accidenté, soit des sédiments marins massivement contaminés lors de l'accident est présente dans l'océan pacifique à un taux élevé et constant. Dix sept mois après la catastrophe, le niveau de radioactivité de plus de 40% des  poissons pêchés sur la côte japonaise restait au dessus des normes fixées par les autorités nippones, rendant ces derniers impropre à la consommation humaine.