MEDITERRANEE

Originellement basé en bordure du bassin méditerranéen, au sein de la ville balnéaire de Villeneuve-Loubet, le GIPM conserve un attachement tout particulier pour cette mer chargée d'histoire et de passion.

Mer intercontinentale semi fermée, s'étendant sur une superficie d'environ 2,5 millions de kilomètres carrés, la méditerranée à toujours été et ce depuis l'antiquité, une importante voie de communication et de transport maritime, permettant des échanges commerciaux et culturels permanents  entre les pays émergeant de la région.

Avec une ouverture principale de seulement 14 kilomètres de large sur l'océan pacifique, les eaux méditerranéennes  mettent plus d'un siècle à se renouveler. De cette spécificité géologique découle un ensemble de problématiques environnementales d'importance majeur.

En juin 2011, un rapport sénatorial de 300 pages présenté par le sénateur de l'Aude, Roland Courteau, dénonce de façon alarmante les lourdes menaces pesant sur l'équilibre écologique et les richesses d'une mer méditerranée, qui ne parvient plus à assimiler et résorber les multiples pressions qu'elle subie.

Parmi ces menaces issues de la croissance démographique, de l'industrialisation et du trafic maritime, sont entre autre répertoriées, la dissémination massive de macro-déchets, les rejets de polluants chimiques, organiques et de résidus médicamenteux, les chantiers littoraux de grande envergure et la surpêche.

 
  puce_mediterranee.jpg La croissance démographique.
   

Avec une population qui est passée de 285 à 427 millions d’habitant en l’espace de trois décennies ( des années 1970 aux années 2000), la croissance démographique des pays du  bassin méditerranéen s’est caractérisée par un phénomène aggravant de  littoralisation. Par voie de conséquence, durant cette même période, le nombre des populations côtières en progressant de 96 à 145 millions d’individus, à provoqué une urbanisation rapide et souvent anarchique, propice aux négligences environnementales.

Ainsi, si dans les pays du nord de la méditerranée, seules 11% des villes de plus de 10000 habitants n’ont pas de réseaux d’épuration, ce pourcentage atteint les 44% dans les pays du sud. Avec des réseaux d’épuration inadaptés ou tout simplement inexistant, les eaux méditerranéennes ont vu les flux de molécules chimiques, de matières organiques, de substances toxiques et de macro-déchets plastiques augmenter dangereusement, pour atteindre dans certains cas des seuils inacceptables pour les écosystèmes.

  puce_mediterranee.jpg Micro-fragments plastiques.
   

La mer méditerranée est tout particulièrement exposée au problème des macro-déchets, notamment plastique ( polyéthylène, polypropylène) à très faible biodégradabilité, acheminés par les vents, les fleuves et les bateaux.
En juillet 2010, l’expédition MED ( méditerranée en danger), constituée d’un collectif de scientifiques européens et d’environnementalistes, à mis en évidence un préoccupant phénomène de pollution jusqu’alors connu dans certaines mers océaniques telles que l’atlantique et le pacifique nord.

Soumis à l’action conjointe de trois facteurs naturels qui sont,  l’érosion, la salinité de l’eau de mer et le bombardement ultra violet du soleil, qui photodégrade les chaînes des polymères, les macro-déchets plastiques flottants à la surface de l’eau finissent par se fractionner en des milliers de micro-fragments.
A partir des échantillons prélevés dans le neuston par les membres de l’expédition,  la seule surface de la mer méditerranée renfermerait plus de 250 milliards de ces micro-fragments issus de la dégradation des sacs plastiques et de déchets polystyrène. Mesurant de 5mm à 1 cm, impossibles à collecter, leurs conséquences environnementales sont multiples et considérées par les experts comme quasiment irréversibles :

- Leur ingurgitation par les tortues et les oiseaux ou  mammifères marins,  peut provoquer des occlusions  intestinales aux conséquences fatales ou des déséquilibres comportementaux.
- Leur colonisation par des micro-organismes tels que certaines algues favorise le développement et la prolifération d’espèces invasives.
- Confondus avec du plancton ils peuvent être ingérés par des  poissons qui feront eux mêmes l’objet de prédation, pour se retrouver en fin de chaîne alimentaire consommés par les humains. Le problème de ces plastiques est qu’ils peuvent, en fonction de leur composition chimique ou des adjuvants utilisés dans leur fabrication, rejeter lors du processus de dégradation des substances toxique nocives.

  puce_mediterranee.jpg Trafic maritime.
   

Le transport maritime et surtout celui des hydrocarbures ne pouvant se concevoir sans conséquences environnementales, la mer méditerranée en tant que mer quasiment fermée, est tout particulièrement exposée à cette problématique.

Avec seulement un pour-cent de la surface des mers du globe, la méditerranée concentre à elle seule 2% de la pêche mondiale, 30% du trafic maritime et 28% du trafic pétrolier international, soit approximativement 370 millions de tonnes d’hydrocarbures par an. Chaque année cet espace maritime est sillonnée par quelques 250000 navires marchands, dont 400 porte conteneurs et 300 pétroliers. Un phénomène en pleine intensification tant pour le trafic conteneurisé, que pour celui des produits énergétiques, avec une croissance annuelle de l’ordre de 6% pour le fret pétrolier, de 8% pour celui du pétrole et de 10% pour celui des conteneurs.

Ce phénomène d’ intensification représente un réel danger pour la biodiversité marine. Les ports, les zones de chargement et de déchargement d’hydrocarbures sont une source de déversement chronique à laquelle vient s’ajouter le déballastage sauvage et les résidus liés directement à la navigation.

Ces trois phénomènes représentent un volume annuel d’hydrocarbure rejeté en mer de l’ordre de 700 000 à 1,5 millions de tonnes ( selon un rapport de WWF). Comparativement à ces chiffres, la cargaison de l’Erika lors de son naufrage en 1999 était de seulement 20 000 tonnes.
Parallèlement viennent se greffer des pollutions indirectes. Ces pollutions sont liées aux chantiers de construction des nouvelles infrastructures portuaires ( Port de Tanger Med, maroc 2007 ) nécessaires à la gestion de cette flotte marchande exponentielle ou tout simplement au déversement illégal des eaux usées ( eaux noires) de ces navires avant leur arrivée au port.